Isabelle Dufour, candidate à la maîtrise en histoire, UQAM

Mary Beard est sans aucun doute l’une des universitaires britanniques les plus connues. En prenant part à divers débats dans les médias, elle s’est en effet assuré une place parmi les figures publiques importantes de Grande-Bretagne. Cette professeure d’études classiques à l’Université de Cambridge et enseignante de littérature ancienne à la Royal Academy of Arts propose un essai, intitulé Les femmes et le pouvoir. Un manifeste, portant sur les fondements des mécanismes et des structures qui cherchent à imposer le silence chez les femmes œuvrant dans les sphères publique et politique. Pour ce faire, elle retrace les exemples de prise de parole des Gréco-Romaines dans la littérature ancienne pour démontrer que les accusations les visant ressemblent bien souvent à celles qui sont émises, dans les médias actuels, envers les politiciennes et toutes les femmes qui œuvrent dans la sphère publique. En ce sens, la culture occidentale reposerait, directement et indirectement, sur ce bagage ancien. En fait, l’historienne croit qu’il faut considérer sur le long terme ces connexions qui sont culturellement étrangères, à cause des siècles qui les séparent et des différences socio-culturelles, mais qui régissent pourtant les rapports entre la voix des femmes et la sphère publique comprise comme une entité large qui comprend les comités d’entreprises, les assemblées parlementaires, etc[1].

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