MY PARENTS OPEN CARRY par Brian Jeffs, Nathan Nephew et Lorna Bergman
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Lieutier, P. (2026). MY PARENTS OPEN CARRY par Brian Jeffs, Nathan Nephew et Lorna Bergman. Histoire Engagée. https://histoireengagee.ca/?p=14084Chicago
Lieutier Prune. "MY PARENTS OPEN CARRY par Brian Jeffs, Nathan Nephew et Lorna Bergman." Histoire Engagée, 2026. https://histoireengagee.ca/?p=14084.Prune Lieutier, PhD, Professeure régulière (École des médias, UQAM)
Les productions médiatiques à destination des jeunes publics (livres, films, émissions de télévision, jeux vidéo) ont, nous le savons, des impacts importants sur le développement des enfants, leur capacité à acquérir des connaissances et compétences ainsi qu’à cultiver des valeurs. De leur posture de lecteur·trices et de spectacteur·trices, les enfants se nourrissent des représentations et discours que, en tant que société, nous décidons de financer, de produire, de promouvoir et, ultimement, de leur offrir. En cela, je suis intimement convaincue que par l’observation de ses productions médiatiques jeunesse ou, au contraire, de ce qu’elle ne produit pas, voire censure, il est possible à l’observateur·trice curieux·se de comprendre de larges pans d’une société à un temps donné de son histoire. À travers cette série de courtes chroniques, je m’intéresse à des albums illustrés et livres pour enfants et adolescent·es qui, par leur sujet, le contexte de leur sortie, leur approche graphique ou narrative, ou encore leurs créateur·trices, font écho à de profonds changements sociaux. Ou comment, en somme, les histoires pour enfants racontent, elles aussi, la grande histoire.
“He said the 2nd Amendment was spelled out to protect the people from a tyrannical government. The old veteran said that when the United States was forming a new government, the Founding Fathers knew that the surest way to keep the new republic from becoming too powerful was to allow the citizens the right to keep and bear arms. This assured that the new government wouldn’t become too bossy, because the people had the means to fight against it. The veteran said, “A right unexercised is a right lost”. He added that Brenna’s mom was right and spinach was indeed good for you. Brenna’s mom and dad agreed with a smile.
Now Brenna had heard all this before, but she still was a little confused about the “militia” part. She knew there was a National Guard. Wasn’t that the “militia”? So she asked the nice man. The veteran said, “That’s a good question. It confuses a lot of people, but originally the militia was not the National Guard, it was and still is every man and woman aged 17 to 47 that are fit enough for active service to defend their town, their state, and their country from attack. In other words the “militia” is everyday citizens like your mom and dad”.
My Parents Open Carry, Brian Jeffs, Nathan Nephew et Lorna Bergman (2011)
Nous avons plongé, avec nos deux chroniques précédentes (Cent ans après ou l’an 2000, d’Edward Bellamy et Les aventures de Nono, de Jean Grave), dans les premières influences anarchistes sur la littérature jeunesse et avons exploré comment plusieurs défenseurs d’une éducation populaire et libertaire s’étaient emparés des potentiels des productions culturelles et médiatiques pour sensibiliser les jeunes publics à l’existence de modèles de société alternatifs et collectivistes. C’est aujourd’hui un tout autre champ de valeurs qu’il nous sera donné d’explorer. Dans My parents open carry, nous voici en effet aux côtés d’une Amérique faisant de la sécurité l’une de ses valeurs cardinales et de la défense coûte que coûte du 2ième amendement de la constitution états-unienne, celui-là même qui protège le droit au port d’armes, son cheval de bataille. Des thématiques que l’on imagine difficilement l’objet de douces histoires du soir mais qui, pourtant, sont au cœur des préoccupations de nombre de parents ultra-conservateurs états-uniens.
C’est précisément le cas de Brian Jeffs et Nathan Nephew, co-auteurs de cet ouvrage jeunesse richement illustré par Lorna Bergman et édité par la désormais disparue maison d’édition Whitefeatherpress. En 2011, au moment de la première édition du livre, les deux hommes sont activement impliqués dans la défense du 2ième amendement et viennent de cofonder Michigan Open Carry, un organisme à but non lucratif œuvrant à la promotion, au sein de cet état alors à nette prédominance démocrate, du port d’arme ouvert ; soit le fait de porter une arme à feu chargée en public et de façon visible (“open carry”, par opposition à “concealed carry”, soit le port d’arme dissimulé), une pratique légale dans le Michigan, mais trop inconnue et impopulaire à leur goût. Le moment est charnière dans la longue histoire d’amour états-unisienne avec les armes à feu : à la suite de près de deux décennies d’assouplissements progressifs des conditions d’accès aux armes dans la grande majorité des états (accordant des permis « de droit » à quiconque remplit des critères objectifs), deux arrêts essentiels de la Cour suprême viennent entériner, en 2008 et en 2010, le tournant assurément sécuritaire des États-Unis. En 2008, le désormais célèbre District of Columbia vs Heller statue ainsi sur un point d’interprétation essentiel de la constitution. Le 2ième amendement énonce en effet qu’« une milice bien réglée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé », une phrase pouvant se comprendre comme limitant l’exercice de ce droit au fait de faire partie d’une milice, interprétation axée sur l’autodéfense collective jusqu’alors privilégiée par la cour. L’arrêt Heller de 2008 renverse la table en affirmant que le 2ième amendement offre au contraire un droit individuel, et donc pouvant être exercé par tout un chacun, notamment pour la légitime défense à son domicile. En 2010, la Cour suprême enfonce le clou avec l’arrêt McDonald vs City of Chicago en balayant une restriction possible : le District de Columbia, objet de la décision de 2008, étant une enclave fédérale, il aurait été possible d’imaginer que ce droit individuel au port d’armes ne concernait que les territoires fédéraux. Or, MacDonald 2010 l’affirme : partout aux États-Unis, le droit au port d’armes est protégé et individualisé. En revanche, les juges sont alors très clairs : il ne s’agit pas d’un droit illimité et des conditions légales, décidées par les états, peuvent s’appliquer. Malgré ces victoires majeures, le militantisme pro-armes n’en a pas terminé : il s’agit désormais à la fois de lutter contre des conditions jugées restrictives, mais aussi de promouvoir et normaliser le port d’armes, à la maison comme en public, dissimulé comme apparent.
Parmi les mouvements militants, émergent dans les années 2010 des groupes, souvent fort virulents, dédiés à la démocratisation de la pratique du open-carry. Si elle est légale dans plusieurs états, avec des restrictions généralement identiques à celles imposées au port dissimulé, elle est en effet souvent mal connue. Plus grave encore, elle est même souvent considérée comme un trouble à l’ordre public par le non-initié, voire par les autorités policières. Certaines personnes, imaginez-vous, estiment en effet relativement épeurant, pour ne pas dire carrément terrifiant, de tomber nez à nez avec un Glock 19 au moment de se choisir un snack dans leur dépanneur de quartier. Alors qu’il s’agit au contraire, nous disent les militant·es, d’une pratique parfaitement sécuritaire et aux multiples vertus : dissuasive pour les criminel·les, permettant une intervention rapide, elle serait sans l’ombre d’un doute la garantie d’une société plus sûre, au sein de laquelle les (bon·nes) citoyen·nes seraient en mesure de maintenir l’état de droit en toute autonomie.
Au cœur du militantisme open-carry du début des années 2000 se trouve le site Open-carry.org. Créé en 2004 par les Virginiens John Pierce et Mike Stollenwerk, il propose des ressources pour s’informer sur la législation dans chaque état ainsi qu’un espace forum, revendiquant dans les premières années près de trente mille inscrit·es. À l’origine de la création du site, un incident vécu par Mike dans un restaurant de la ville de Reston, dans le comté de Fairfax. Alors qu’il soupait, son arme visible à la ceinture, tel que l’autorise la loi virginienne, le voici dérangé par les forces de police, alertées par un appel au 911 signalant un client armé. Si Mike fait peu de cas de cette intervention, qu’il décrit d’un laconique “They came, they saw, they left” (Open-carry.org/press-kit), la couverture médiatique qui a suivi, elle, l’a mise hors de lui. Le Washington Post en particulier s’est montré particulièrement virulent, nous dit Mike, attaquant directement le port apparent et se fendant d’éditoriaux prêtant à confusion sur la légalité de la pratique. Il n’en fallait pas plus pour que Mike et John décident de rétablir la vérité et de rassembler les troupes, avec pour credo : “a right unexercised is a right lost” (open-carry.org/press-kit). Et cela fonctionne : le forum est très actif et le site inspire même des factions locales, dont l’organisme Michigan Open Carry de nos fameux Brian Jeffs et Nathan Nephew. Comme ailleurs, ils organisent des séminaires d’information, animent les conversations locales et travaillent activement à la promotion du port apparent. L’intention ici est d’œuvrer à le normaliser en passant par un processus, comme le note l’anthropologue Charles Springwood (probablement cité ironiquement par le site Open-carry.org puisqu’il s’agit d’un intellectuel proposant une théorie critique de la culture états-unienne des armes à feu) “naturalisant la présence des armes, ce qui signifie que les armes deviennent ordinaires, omniprésentes et attendues. Avec le temps, l’arme devient le symbole d’une humanité ordinaire” (Springwood, 2007). Comme ailleurs, ils organisent aussi des démonstrations de force en mobilisant des rassemblements de porteur·ses d’armes apparentes au sein de lieux où il est normalement interdit comme, début 2011, au sein de la bibliothèque publique de Lansing. Ce rassemblement provoquera un différend juridique menant à une décision de la cour suprême du Michigan établissant que les bibliothèques publiques ne pourraient plus désormais interdire le port apparent d’armes dans leurs locaux. Mais Brian et Nathan ont également en tête des méthodes inédites : constatant une absence de ressources pour les familles et convaincus de l’importance de normaliser la pratique open-carry auprès des plus jeunes (futur·es électeur·trices et potentiel·les propriétaires d’armes à feu !), ils s’attèlent en 2011 à l’écriture de notre fameux My parents open carry.
Au fil de la quarantaine de pages de cet album, nous suivons le samedi bien occupé de Richard, Bea Strong et de leur fille Brenna, treize ans. La jeune fille est bien excitée : ses parents lui ont annoncé à son réveil avoir une surprise pour elle, qui lui sera offerte plus tard dans l’après-midi. C’est une excellente élève, seulement des A dans son bulletin ! Elle a bien mérité un cadeau à la hauteur de ses accomplissements. Mais avant cela, le programme est chargé : la famille a des personnes à voir et des courses à faire, tout un tas d’activités que les parents feront bien sûr avec leur arme de poing chargée et visible, portée à la ceinture. Car Richard et Bea pratiquent le port d’armes apparent et en sont même de fervents militant·es, ne ratant jamais une occasion de se faire prosélytes.
Ce samedi ne fera pas exception. À la quincaillerie, interpellé par une femme accompagnée de son petit garçon, qui s’inquiétait de la dangerosité du port d’armes apparent, Richard Strong rétorque que les armes doivent être vues comme des outils, certes dangereux, mais qui améliorent la qualité de vie, au même titre que les voitures. À l’épicerie, c’est un vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui les prend à partie, cette fois ci pour les remercier d’exercer leur droit au port apparent ; une occasion en or d’avoir une sympathique conversation à propos de l’interprétation du 2ième amendement comme constitutif d’un droit individuel et non seulement lié à l’appartenance à une milice, tel que déterminé par l’arrêt Heller de 2008. Un peu plus tard, au café-librairie, un homme, par ailleurs propriétaire d’une arme qu’il laisse à son domicile, s’inquiète d’être une cible prioritaire de criminel·les s’il portait son arme de manière apparente. Au contraire ! Les armes visibles auraient le puissant pouvoir de dissuader les criminel·les d’agir et ce, pour une raison très simple, nous dit Richard : les criminel·les aiment les cibles faciles, certainement pas les cibles armées. Et non, poursuit Bea, il n’existe pas de cas où une arme aurait été volée : les étuis sont spécifiquement dessinés pour que seule la personne qui le porte puisse en sortir l’arme ! Des armes qui ne sont pas le problème : “some people do evil things, that’s the problem”, voilà tout.
Mais il est désormais temps pour la famille Strong de se rendre au stand de tir, l’activité principale de leur journée bien chargée. Ils ont l’habitude, ils s’y rendent régulièrement pour s’exercer : ils sont des open-carriers responsables, qui n’hésitent jamais à rappeler à leur studieuse fille les règles de sécurité. Brenna, d’ailleurs, commence à s’impatienter : et sa surprise ? Bien sûr, elle adore suivre ses parents dans leurs courses, apprendre de nombreuses choses fort utiles sur les armes en écoutant leurs conversations et admire leur sagesse quant au port d’armes apparent, mais bon, on lui a promis une surprise. Pas d’inquiétude, Richard et Bea sont gens de parole (rappelons-nous, ils sont de bonnes personnes !), la surprise arrive. [Attention divulgâchage]. Doucement, ils sortent une arme de poing que Brenna n’avait jamais vue auparavant, avec son propre étui tout neuf ! Ce sera l’arme de Brenna, sa propre arme juste à elle ! Elle pourra la porter et l’utiliser en public dès ses 18 ans, une condition légale au Michigan, mais bien sûr, elle peut tout de suite commencer à s’y exercer au stand de tir. Quelle joie ! Et quelle belle journée pour la famille Strong !
Heureusement, aucun·e des interlocuteur·trices de Richard, Bea et Brenna ce jour-là n’a évoqué les presque 600 accidents et 11 000 homicides annuels par armes à feu comptabilisés entre 2000 et 2010 (sans compter les presque 20 000 suicides par armes à feu chaque année durant la même période), ça aurait fait désordre. Une chance aussi, personne n’est allé faire un tour sur le site du petit, mais infatigable organisme à but non lucratif Gun Violence Archive, qui liste depuis 2015 les morts et les blessé·es par armes à feu, indiquant notamment, pour la seule année 2015, 202 enfants et 626 adolescent·es tu·és ainsi que près de 2000 tirs non-intentionnels ; des chiffres en augmentation constante depuis. Et pfiou, personne n’a non plus eu le culot d’évoquer la moyenne de 500 tueries de masse qui ont lieu aux États-Unis chaque année. Peut-être parce que cet album jeunesse paraît seulement en 2011, soit une petite année avant qu’Adam Lanza, 20 ans, tue sa mère avec un AR-15, juste avant de se rendre à l’école primaire Sandy Hook pour y assassiner 26 personnes, dont 20 enfants de 6 ans ? Pourtant, ce n’est pas la première tuerie de masse en école perpétrée par un·e étudiant·e que connaissent alors les États-Unis : le souvenir du massacre de Columbine, en 1999, est encore frais. Et ces tueries ne représentent qu’une infime partie des milliers d’incidents liés aux armes à feu sur les seuls espaces scolaires, comme le démontre la recension K-12 School Shooting Database menée par David Riedman et son équipe.
My parents open carry pourrait sembler être un effort anecdotique, mais l’œuvre a pourtant connu un fort succès ; en grande partie, soulignons-le, grâce à un segment comique qui lui a été consacré en 2014 dans le populaire talk-show de Stephen Colbert, The Colbert Report, ainsi que par le comédien Bill Maher dans son célèbre rendez-vous Real time with Bill Maher. Cette mise en avant inattendue a relancé l’intérêt pour l’ouvrage, réédité peu après en incluant une citation du segment de Colbert en 4ième de couverture. Surtout, il semble être partie prenante d’un mouvement plus large, donnant une importance nouvelle à la communication auprès des familles et des très jeunes tireur·ses au sein des groupes pro-armes états-uniens. En mai 2014, la gigantesque et très puissante National Rifle Association lance son site NRA Family InSights, devenu en 2015 NRA Family, une plateforme toujours en activité proposant des articles d’actualité, des conseils d’activités pour les familles, des guides d’instruction pour les familles. On y trouve aussi des programmes pour enfants tels que le Eddie Eagle Gun Safe (lancé en 1988 mais complètement revampé en 2015), visant à transmettre les règles de sécurité pour des objets qui « comme les piscines, les installations électriques et les briquets, [doivent être] traités comme faisant partie de la vie de tous les jours » (Eddieeagle.nra.org/about). Outre les événements, le programme offre aussi des ressources ludo-éducatives en ligne, telles que des vidéos animées mettant en scène Eddie et ses ami·es, des leçons, des comptines ou encore des livres numériques. Des coloriages et des quizz permettent de compléter l’expérience.
Ces efforts ne sont qu’une infime partie des importants travaux de lobbying réalisés par la NRA et consorts depuis l’année de publication de My parents open carry en 2011. Des travaux qui ont payé, largement favorisés par les deux présidences de Donald Trump, mais aussi par la pandémie de COVID19 et le vent de panique qui l’a accompagnée. Ces quinze dernières années, les conditions permettant le port d’armes, qu’il soit dissimulé ou apparent, se sont ainsi considérablement adoucies. D’une part, le nombre d’états permettant le port d’armes sans permis a explosé, passant de 4 seulement en 2011 à 29 aujourd’hui, représentant près de 68% du territoire et près de 50% de la population (The Boise Gun Club Team, 2026). D’autre part, pour les états continuant à exiger un permis, les lobbyistes ont activement travaillé à l’accessibilité des conditions de délivrance et d’application. Plusieurs axes ont été priorisés, tels que l’abaissement de l’âge d’accès (de 21 ans à 18 ans, dans la plupart des cas) ou encore la suppression des exigences de formation au tir. Autre acquis important : la disparition du pouvoir discrétionnaire de délivrance des autorités, obtenu grâce à l’arrêt New York State Rifle & Pistol Association c. Bruen de la Cour suprême en 2022, qui a invalidé l’obligation imposée par l’État de New-York de démontrer un « motif valable » pour obtenir un permis de port d’armes dissimulées en dehors de son domicile. Ces assouplissements ont eu l’effet escompté : si le nombre d’États-unien·nes adultes possédant au moins une arme a peu changé, le nombre d’armes, lui, a presque doublé, pour un total actuel de plus de 460 millions d’armes en circulation (dépassant de plus de cent millions le nombre total d’habitant·es), soit plus de 45% du nombre d’armes civiles en circulation dans le monde (Karp, 2018).
On estime que plus de 32 millions d’enfants états-uniens de moins de 18 ans vivent dans un foyer armé et parmi eux, près de 7 millions dans un foyer où l’on peut trouver une arme chargée et non verrouillée (Miller et al., 2026). Brenna est donc décidément loin d’être la seule.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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District of Columbia v. Heller, 554 U.S. 570 (2008).
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Miller, M., Fischer, S., Nelson, E., & Azrael, D. (2026). Firearm storage in households with children. JAMA Network Open, 9(5). https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2026.12191
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Richinik, M. (2014, 6 août). A children’s book to teach kids about gun rights. MSNBC. https://www.ms.now/msnbc/pro-gun-childrens-book-msna384766
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Springwood, C. F. (dir.). (2007). Open fire: Understanding global gun cultures. Berg.
The Boise Gun Club Team. (2026, 3 avril). 2026 constitutional carry expansion: New states, federal legislation, and where the law stands now. The Boise Gun Club. https://boisegunclub.com/handbook/laws/2026-constitutional-carry-expansion-new-states
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