Passion et engagement : entrevue avec Louise Bienvenue et Stéphanie Lanthier à propos de leur entretien filmé avec l’historien Jean-Marie Fecteau

Andréanne LeBrun, étudiante à la maîtrise en histoire à l’Université de Sherbrooke

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À l’été 2012, Louise Bienvenue, professeure titulaire au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke et membre du Centre d’histoire des régulations sociales, et Stéphanie Lanthier, chargée de cours à l’Université de Sherbrooke, documentariste et membre de l’équipe d’HistoireEngagée, tournaient un entretien avec Jean-Marie Fecteau, quelques mois avant qu’il nous quitte. Avec générosité et passion, l’historien y raconte son parcours d’aventurier de l’intellect en tant qu’étudiant, chercheur et professeur. Nous avons demandé à mesdames Bienvenue et Lanthier de faire un retour sur cet entretien filmé, depuis peu disponible en ligne.

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Queen’s Park, 1er mai 2014 ou la trahison des sociaux-démocrates en Ontario

Mathieu Arsenault, Candidat au doctorat en histoire à l’Université York

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Le 1er mai dernier, les Ontariens ont peut-être bien assisté à la première étape d’une révolution conservatrice susceptible de faire basculer la province dans l’austérité au lendemain des élections générales du 12 juin. Retour sur le jour où le Nouveau Parti démocratique s’est aligné sur les Conservateurs pour défaire l’un des budgets les plus progressistes jamais proposé à la législature ontarienne.

Le crépuscule de la décennie libérale?

Au moment de sa dissolution, la 40e législature ontarienne siégeant depuis octobre 2011 était formée par un gouvernement minoritaire libéral bénéficiant de 48 des 107 sièges à l’Assemblée législative de Queen’s Park. Malgré leur troisième position derrière les conservateurs de Tim Hudak (37 sièges), les néo-démocrates dirigés par Andrea Horwath bénéficiaient néanmoins d’une position favorable, dans la mesure où leurs 21 députés suffisaient à leur assurer une confortable balance du pouvoir. L’occasion était belle pour forcer la main au gouvernement libéral minoritaire et l’amener à monnayer sa survie politique au prix d’une gouvernance plus à gauche, plus sociale-démocrate. Les opportunités en ce sens étant d’autant plus grandes que les Libéraux étaient et demeurent loin d’être convaincus de l’issue favorable d’une élection printanière. Il faut dire que l’équipe de Mme Wynne avait de bonnes de raisons de chercher à éviter la tenue d’un scrutin général dans la mesure où les élections complémentaires de février dernier sont loin d’avoir ragaillardit l’ardeur des troupes libérales. Dégringolant en troisième place loin derrière le Parti conservateur, le Parti libéral avait alors perdu le comté de Niagara Falls qu’il occupait depuis une décennie aux mains des néo-démocrates, en plus de perdre près de 10 000 voix dans le comté conservateur de Thornhill. Continuer la lecture

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Le nationalisme camerounais dans les programmes et manuels d’histoire du Cameroun: réalités et enjeux

Étienne Segnou, doctorant en sociologie politique, Université de Douala

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Plus de cinquante ans après l’indépendance et la réunification du Cameroun[1], nous avons voulu savoir la place réservée au nationalisme camerounais dans les programmes et manuels d’histoire du système éducatif camerounais. Les nationalistes camerounais sont ceux qui se sont élevés, au Cameroun, contre toutes les formes de domination coloniale, singulièrement contre les dominations coloniales allemande, puis franco-britannique. L’UPC[2] fut le principal mouvement politique dans lequel ils s’organisèrent pour revendiquer la réunification et l’indépendance du Cameroun ; et cela, pacifiquement d’abord, puis par la logique des armes ensuite[3]. Ce qui enfanta une longue guerre entre la France et les nationalistes de l’UPC. Cette guerre dura seize ans (1955 – 1971)[4] et causa plusieurs centaines de milliers de morts du côté camerounais. Ce conflit fut l’un des plus importants menés par l’armée française sur le continent africain, après celui de l’Algérie. Mais à la différence de la guerre d’Algérie, la guerre d’indépendance du Cameroun est largement méconnue tant par la communauté internationale que par les Français et même les jeunes Camerounais. Cela parce qu’elle fut soigneusement cachée durant son déroulement, et évacuée plus tard de la mémoire collective camerounaise. Comment donc les programmes et manuels d’histoire du Cameroun traitent-ils le passé nationaliste de ce pays ? L’hypothèse du présent travail est la suivante : en raison des enjeux politiques, économiques et socioculturels, le nationalisme camerounais est dévalorisé dans les programmes et manuels d’histoire. Par conséquent, la place qui lui y est accordée ne peut permettre à la jeunesse camerounaise de posséder une connaissance suffisante de ce nationalisme afin d’avoir une plus grande conscience de son identité culturelle. Pour le vérifier, nous avons mené une étude qualitative et quantitative desdits programmes et manuels afin d’analyser le traitement qui y est réservé au passé nationaliste du Cameroun. Ensuite, nous avons étudié l’impact que ce traitement a sur le niveau de connaissance que les jeunes scolaires ont de ce passé. Enfin, nous avons dégagé les enjeux que cache le type de traitement alloué à ce passé dans les outils pédagogiques d’histoire du Cameroun. Continuer la lecture

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L’ultime plaidoyer du professeur Létourneau pour le maintien de la réforme. Réflexion méthodologique autour de l’essai « Je me souviens ?: le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse » (Fides, 2014)

Marc-André Robert, Université Laval

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L'ouvrage du professeur Jocelyn Létourneau est paru chez Fides en 2014.

L’ouvrage du professeur Jocelyn Létourneau est paru chez Fides en 2014.

La parution récente de l’essai Je me souviens ? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse (Fides, 2014), du chercheur Jocelyn Létourneau, professeur au département des sciences historiques de l’Université Laval, était bienvenue. En effet, en tant qu’historien engagé et soucieux de la transmission de l’histoire québécoise, pouvais-je me désoler d’un ouvrage ayant pour objectif de dresser le portrait des connaissances (ou compétences) historiques de la jeunesse québécoise, aux différents niveaux scolaires (secondaire, collégial et universitaire). Létourneau a ainsi entrepris, à partir de 2003, de sonder la « conscience historique » des jeunes Québécois à partir d’une enquête par sondage distribuée dans les écoles du Québec. Sur une période de dix ans, il a recueilli plus de 3400 locutions écrites par des jeunes de différents niveaux académiques et de différentes régions du Québec.

Invités à remplir un formulaire servant à situer leur compréhension de l’histoire québécoise, ces jeunes devaient, dans un premier temps, « décrire, présenter ou raconter, comme ils la percevaient, la savaient ou s’en souvenaient, l’histoire du Québec depuis le début ». Quelques questions visaient à collecter des données sociodémographiques (âge, lieu de naissance, langue maternelle, etc.). Une question du type « échelle de classement » servait à situer les facteurs d’influence du niveau de compréhension de l’histoire québécoise (cinéma, télévision, lectures personnelles, etc.). Enfin, les jeunes étaient appelés à résumer « l’aventure historique québécoise » en une seule phrase.

Malgré l’immense intérêt de l’étude, je dois malheureusement reconnaître que les importants biais méthodologiques m’ont largement laissé sur ma faim. Je propose ici d’en faire état puisqu’il en va, à mon humble avis, de la validité des résultats obtenus. Continuer la lecture

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Blogue: Spicynodes, vous connaissez?

Catherine Martin, historienne diplômée de l’Université de Sherbrooke  TechnoCatherine (twitter)

Catherine Martin

Catherine Martin

Catherine Martin est une historienne diplômée de l’Université de Sherbrooke dont le mémoire de maîtrise, intitulé « Fourrures, eau-de-vie et absolution : réseaux sociaux, économiques et politiques à Lachine, 1670-1680 », est en cours de finalisation. Dans le cadre de ses études et des différents projets de recherche auxquels elle a participé, elle a développé un intérêt certain pour les nouvelles technologies et pour leur utilisation dans la pratique historienne et enseignante. Elle collabore depuis l’automne 2013 au site TechnoHistoire sur lequel, par le biais d’un blogue au ton accessible et aux notes humoristiques, elle tient des chroniques sur les outils numériques et l’histoire. Avec son accord, HistoireEngagée republiera régulièrement certains de ses textes.

Parmi toutes les applications, les banques de données et les autres merveilles du web que je connais, j’ai décidé d’écrire mon billet à propos d’un outil de présentation intéressant mais peu connu parmi les francophones : Spicynodes. Continuer la lecture

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