HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé – ISSN 2562-7716

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La rébellion des Patriotes (1837-1838) : le renforcement du colonialisme de peuplement au Canada

Affiche par Orion Keresztesi, artiste et un militant, texte par Jarett Henderson, professeur agrégé au Département d’histoire de l’Université Mount Royal à Calgary, et Traduction par Laure Henri

Dans les années 1830 s’organise une lutte contre le régime colonial en place dans le Haut et dans le Bas-Canada, une lutte qui vise à instaurer un gouvernement contrôlé par les colons plutôt que par le pouvoir impérial et ses représentants, et qui donne lieu à d’importants débats, protestations publiques, menaces de violences et actes de rébellion. Bien qu’elles soient très souvent célébrées et considérées comme certains des événements les plus décisifs de l’histoire du Canada, pendant lesquels les colons opprimés se sont battus pour le droit d’intervenir dans leur propre gouvernement, il ne faut pas oublier que les rébellions de 1837 et de 1838 ont également entraîné l’instauration du cadre politique qui était nécessaire à la mise en œuvre radicale de la colonisation de peuplement en Amérique du Nord.

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Digressions sur la boxe, les fourrures et autres histoires politiques de Wendake

Par Jonathan Lainey, Musée canadien de l’histoire.[1]

Archives Conseil de la Nation huronne-wendat (ACNHW), fonds CNHW, PH-14-15.

Évocatrices et éloquentes, bien que muettes par leur nature même, les photographies anciennes sont autant des sources de souvenirs que des mines de renseignements de toutes sortes. Un visage, un détail, un décor, un paysage, tout peut être propice à l’interprétation et chaque élément représenté peut contribuer à une meilleure compréhension du passé, pour qui s’attarde à les faire parler. Comme elles sont riches en information, utiliser les photographies comme véritables sources de renseignements plutôt que comme simples agréments visuels d’un texte peut s’avérer fort profitable et tout autant intéressant. Au hasard des découvertes et des trouvailles, qu’elles errent au fond d’un tiroir ou qu’elles soient précieusement conservées dans un placard ou dans un centre d’archives, les photographies peuvent servir à illustrer un propos, à fournir une preuve légitime, ou bien tout simplement à servir de point de départ à une réflexion plus large et digressive.

Georges Lainé, boxeur ?!

Alors que je menais des recherches iconographiques aux archives de Wendake afin de compléter mon mémoire maitrise en histoire à l’Université Laval[2], j’ai aperçu une photographie ancienne qui a immédiatement capté mon attention. Et pour cause ! On y voit deux jeunes boxeurs amateurs s’affronter le temps d’une photographie dans le studio du photographe professionnel Alphonse Boivin de Loretteville. Ceux et celles qui me connaissent savent bien que je suis un mordu de boxe et de sports de combat en général.

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Un nouvel énoncé de mission pour HistoireEngagee.ca

Introduction par Florence Prévost-Gégoire, University College Dublin, membre du comité éditorial d’HistoireEngagee.ca

Énoncé de mission par l’équipe éditoriale d’HistoireEngagee.ca.

Introduction

En guise de premier texte de l’année 2019-2020, l’équipe éditoriale d’HistoireEngagée.ca publie aujourd’hui son nouvel énoncé de mission. Après une année 2018-2019 pleine de changements, il nous apparaissait nécessaire de repenser les objectifs de la revue afin qu’ils soient plus en accord avec les valeurs d’une équipe éditoriale qui s’est considérablement renouvelée dans les deux dernières années. La chronique éditoriale que nous avons publiée en janvier dernier parlait de cette année comme d’un moment charnière, d’un tournant, dans l’histoire d’HistoireEngagée.ca. L’augmentation de nos publications (maintenant deux par semaine) témoigne effectivement du fait que la plateforme occupe une place de plus en plus importante dans les milieux historiens. Notre revue offre un lieu de diffusion rapide et nous recevons de plus en plus de textes spontanés qui réagissent à l’actualité ou réfléchissent aux apories de la discipline historique. L’augmentation de notre rythme de publication nous a placés devant un grand éventail de dilemmes éditoriaux et nous a fait prendre conscience de la place de notre revue dans la diffusion de la connaissance historique. Ce « succès » d’HistoireEngagée.ca (qui fêtera l’an prochain sa première décennie) vient avec une responsabilité : utiliser cette plateforme pour apporter des changements réels dans la discipline.

L’énoncé de mission que nous publions aujourd’hui se distingue de l’ancien sur deux points principaux. D’abord, il revoit la notion même d’« histoire engagée ». Si l’objectif original était de « proposer une diversité de points de vue », la nouvelle mission prend plutôt comme point de départ le fait suivant : la discipline historique est empreinte de structures de pouvoir racistes et sexistes qui, jusqu’à présent, ont eu pour effet de placer les groupes racisés et les femmes en marge des trames narratives traditionnelles. Notre objectif est donc d’aller au-delà d’une « diversité de point de vue » et plutôt de mettre en valeur la voix de ces oublié.e.s de l’histoire. Faire cela demande à la fois d’effectuer un travail de critique des pratiques de la discipline, mais aussi d’interroger nos propres biais et de remettre en question les actions et gestes que nous avons posés (et que nous posons encore) qui ont contribué à la marginalisation de certains groupes.

Le deuxième point découle du premier. Pour valoriser ces voix marginalisées, il convient aussi de repenser les modalités de diffusion de la production historique. Si la rigueur reste au cœur de notre travail, nous souhaitons offrir un espace qui ne se limite pas à la publication d’articles scientifiques. HistoireEngagee.ca s’engage donc à donner une place à différents types de médium tels que les témoignages, les œuvres artistiques, les lettres ouvertes et les chroniques. Nous espérons ainsi participer à la désacralisation du livre et de l’article scientifique en donnant à d’autres formes d’expression toute la valeur qu’elles méritent. Cela signifie aussi de ne pas se limiter au travail provenant des milieux académiques et de donner une place aux activistes, aux artistes, à ces gens qui vivent ou on vécut l’histoire que l’on essaie de raconter.

Cet énoncé de mission s’adresse à toutes celles et tous ceux qui désirent mieux comprendre les ambitions d’HistoireEngagee.ca et aux autrices et auteurs qui souhaitent contribuer à la plateforme. Il sert finalement d’inspiration et de guide pour l’équipe éditoriale, consciente de ses biais, mais toujours désireuse de faire mieux et de travailler à transformer les pratiques historiennes.

Énoncé de mission

Occupant une place à part dans le paysage historiographique et scientifique francophone, la revue HistoireEngagée.ca (histoireengagee.ca) est une plateforme de diffusion des savoirs et des connaissances historiques. Son approche favorise la révision des récits dominants et, dans une logique collaborative, la création de savoirs. En choisissant une diffusion en libre accès qui rejoint à la fois la communauté savante et un public élargi, HistoireEngagée.ca souhaite susciter une discussion sur l’histoire ouverte à tous et à toutes. Sa mission est triple : en plus d’offrir à son lectorat des textes qui analysent l’actualité canadienne et internationale sous l’angle de l’histoire, elle participe activement aux débats historiographiques et s’efforce de mettre de l’avant des récits qui restituent une place aux oublié.e.s de l’histoire. Puisqu’un de ses objectifs est de se mettre au diapason de l’actualité et des enjeux touchant la discipline historique, HistoireEngagée.ca met de l’avant des publications qui témoignent de prises de positions informées et ancrées dans des perspectives historiques et sociales plus larges.

Un médiateur culturel

Une des singularités de la revue est son approche hybride. Elle valorise la conjugaison de méthodes de recherche classiques et d’une approche collaborative avec des gens provenant des milieux artistiques et militants. Cette approche vise à ouvrir la réflexion épistémologique sur les façons dont l’histoire s’élabore, tout en favorisant la redéfinition de ses canaux de diffusion. Contribuer au partage des savoirs sur les groupes marginalisés par les récits dominants est par ailleurs une préoccupation majeure de l’équipe d’HistoireEngagée.ca.

Un savoir engagé

Le savoir engagé est pour nous une façon de conjuguer la pensée scientifique et l’engagement social en rendant plus accessibles les connaissances et les analyses historiques. Nous comprenons que l’engagement des historien.ne.s ne se résume pas à l’étude des mouvements sociaux, HistoireEngagée.ca va plus loin en allant à la rencontre de celles et de ceux qui, par leurs actions, sont susceptibles de devenir sujets de l’histoire. L’idée est de désacraliser le rôle de l’expert.e sans le rejeter pour autant. Autrement dit, un effort est fait pour faire converger les savoirs engagés universitaires et les autres savoirs engagés, notamment expérientiels et non occidentaux. Un savoir scientifique, universitaire et savant que l’on dit engagé, mais qui reproduit une hiérarchisation des discours et des êtres humains dans ses effets réels et matériels, n’est pas engagé simplement parce qu’il prétend ou souhaite l’être : c’est pourquoi il nous semble important d’offrir notre plateforme en libre accès et de ne pas assujettir ces nouveaux savoirs aux logiques institutionnelles universitaires.

Des modalités d’écriture variées

HistoireEngagée.ca considère important de réfléchir aux processus de reproduction des inégalités dans la production scientifique et universitaire, ce qui passe notamment par les modalités d’écriture et les positionnements épistémologiques de celles et de ceux qui collaborent à la revue. Nous nous attendons ainsi à ce que les auteurs et les autrices qui nous approchent réfléchissent aux silences de leurs bagages théoriques ou historiographiques. Nous cherchons également à nous éloigner des canons disciplinaires pour mettre de l’avant les réflexions théoriques, artistiques et autres dont l’écho est moins grand. Tout ceci se fait avec la volonté d’offrir un regard critique sur la trame narrative dominante. Nous assumons le caractère politique de nos critères de sélection, car nous estimons que l’histoire est politique et que toutes les revues s’inscrivent dans une perspective intéressée et engagée, qu’elle soit assumée ou non.

Algérie, une histoire de révolutions : discussion avec trois jeunes engagés

Discussion avec Islam Amine Derradji, Hiba Zerrougui et Amel Gherbi du Collectif des jeunes Algériens, et animée par Christine Chevalier-Caron

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de m’entretenir avec trois doctorants impliqués au sein du Collectif des jeunes engagées dans le but de discuter des importantes mobilisations qui ont actuellement cours en Algérie et dans la diaspora algérienne. La première de ces trois personnes est Islam Amine Derradji, candidat au doctorat en sciences politiques à l’Université de Montréal. Ses travaux de recherche actuels portent sur les luttes et mouvements sociaux  en Algérie. La deuxième personne présente est Hiba Zerrougui, candidate au doctorat en sciences politiques à l’Université McGill. Ses recherches portent sur les mouvements de contestations, tant les émeutes que les mouvements de manifestation, et leurs effets sur les dynamiques internes d’un régime autoritaire. Elle a choisi d’étudier ces questions en Algérie, puisqu’il s’avère d’un cas complexe et où il y a eu historiquement beaucoup de mouvements de contestation. La troisième participante à la discussion est Amel Gherbi, doctorante en études urbaines au centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-UCS). Formée en sciences humaines et sociales, ses travaux portent sur les enjeux de mobilité internationale ainsi que d’hospitalité  urbaine et régionale. Depuis quelques mois, elle milite aussi au sein du Collectif des jeunes engagés et participe activement au Forum citoyen d’Algérien.ne.s à Montréal. Vu cette implication militante commune, nous avons d’abord décidé de discuter du Collectif et des mobilisations dans la diaspora. Ensuite, il a surtout été question des luttes qui ont marqué l’histoire de l’Algérie depuis les années 1950 afin de réfléchir au mouvement actuel à la lumière de celles-ci.

Christine : D’abord, ce collectif, Islam, en es-tu à l’initiative?

Islam : Je ne suis pas à l’initiative, mais je fais partie des premiers signataires d’un appel diffusé dans les médias, dans lequel nous voulions interpeller les Algériennes et les Algériens sur la nécessité d’un changement de système.  Nous n’avions pas d’emblée l’idée de nous organiser ou de nous structurer en collectif. Nous avions le sentiment que la situation politique et économique était inquiétante et qu’il fallait que des actions soient entreprises pour sortir du statu quo. On appelait la jeunesse à s’engager, à s’impliquer davantage dans la chose publique et on invitait les algérien.nes à écrire une nouvelle page de l’histoire collective. En cela, on joignait nos voix à celles de militant.e.s et d’intellectuelles qui avaient multiplié ce genre d’appels par le passé. Les premières mobilisations nous ont toutefois surpris par leur ampleur. Elles nous ont confortés dans la justesse de nos lectures. Elles nous ont encouragées à nous constituer en force de proposition, pour tenter de peser dans les débats qui engageaient l’avenir du pays.  La réaction des personnes qui nous ont écrit, comme Amel par exemple, nous a également incités à nous structurer et envisager des actions. C’est vraiment comme ça que nous avons  commencé. Amel milite d’ailleurs dans plusieurs collectifs.

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Du nouveau à Histoireengagée.ca!

Par le Comité éditorial

L’équipe d’histoireengagée.ca est heureuse de vous annoncer l’arrivée de trois nouveaux membres sur le comité de rédaction de la revue. Nous désirons donc souhaiter la bienvenue à Mazarine Lainé, Amadou Ghouenzen Mfondi et Susanne Commend, et vous les présenter. La diversité de leurs expériences et de leurs compétences respectives enrichira assurément le contenu de notre plate-forme!

Candidate à la maitrise en service social à l’Université d’Ottawa, Mazarine Lainé travaille présentement sur un mémoire portant sur les violences envers les femmes autochtones en contexte québécois. Détentrice d’un baccalauréat en criminologie complété à la même université, elle analyse les réalités contemporaines en réinterrogeant le passé selon une posture féministe postcoloniale, intersectionnelle et antiraciste. Elle s’intéresse également aux représentations des subalternes dans les récits historiques dominants. Elle occupe présentement le poste de coordonnatrice au sein du Collectif de recherche sur les migrations et le racisme (COMIR) à l’Université d’Ottawa. Elle est aussi membre du Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) à l’Université d’Ottawa et du Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

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